Que faire d'un week-end ensoleillé, quand les acacias ne sont plus en fleur et que le tilleul fait apparaitre ses premiers boutons ? Lever les hausses des ruches que l'on a dans son jardin pour en extraire le miel d'acacia. En plus de son parfum et de sa couleur dorée, le miel d'acacia présente une autre particularité : il ne fige pas, c'est-à-dire qu'il ne cristallise pas.
Une récolte qui s'annonce faible
Avec deux nouveaux essaims qui doivent augmenter leur population et se créer leur propre réserve et une ruche dépeublée qui a du mal à se multiplier et qui ne présente pas une grande activité, il
ne reste plus qu'une seule ruche à produire.
De plus, la météo ne s'est pas montrée très clémente : entre la pluie qui lessive les fleurs, le vent qui les balaye et le vent d'est qui les assèche, la production de nectar, ingrédient de base
du miel, va se montrer très faible.
Je pense alors que la récolte de cette année ne va pas être aussi importante que d'habitude, puisque je n'aurai qu'une (voire deux au mieux) hausse à extraire.
Les différentes étapes
Tout d'abord, il faut calmer les abeilles en les enfumant. La fumée leur donne l'impression d'un incendie et les fait rentrer ; la luzerne les calme.
Puis, il faut ouvrir délicatement la ruche toute en souflant pour faire descendre les abeilles de la hausse haute vers la hausse inférieure.
En levant quelques cadres, il est possible de juger du travail des abeilles en visualisant la quantité de miel operculé ou la présence des couvins qui montre de l'élevage dans la hausse.
A l'aide d'une
spatule appelée lève-cadre, la hausse est délicatement décollée, car les abeilles ont colmaté les joints avec de la propolis. Il est aussi nécessaire d'éviter d'effectuer des gestes brusques qui
pourraient énerver les abeilles et les rendre plus aggressives, même si je suis protégé avec la combinaison. L'abeille énervée présente un vol particulier, avec un son caractéristique,
et dégage des phéromones qui appellent les autres abeilles.
Une fois la hausse décollée, je l'enlève pour la stocker un tout petit peu plus loin dans le jardin, ce qui me permet d'effectuer le même travail sur les autres hausses s'il y en a. Aujourd'hui,
il y a deux hausses sur une seule ruche à enlever. Il faut savoir qu'une
hausse pleine peut facilement atteindre les 30kg.
Une fois les deux hausses enlevées, je mets en place une hausse vide sur le corps de ruche que les abeilles pourront commencer à remplir avec du miel de tilleul.
Ca me laisse ensuite tout le temps pour m'occuper des hausses stockées. Comme toutes les abeilles ne sont pas descendues à l'étage inférieur, il faut que je "purge" les hausses, c'est-à-dire que
je chasse les abeilles, pour d'une part ne pas me faire piquer quand je vais enlever les cadres, et d'autre part pour ne pas avoir des abeilles autour de moi quand je vais extraire le miel. Pour
les chasser, je les enfume, les obligeant à sortir et je tapote aussi la hausse, car elles n'aiment pas du tout les vibrations.
Une fois cette étape réalisée, je vais pouvoir envelever la combinaison (il fait quand même chaud dedans), et aller extraire le miel.
Le bilan de cette récolte s'avère assez mitigé : 15kg de miel d'acacia. J'espère que la météo se montrera plus clémente lors de la floraison du tilleul et que les autres ruches pourront
commencer à remplir leurs hausses.
Opération n°2, améliorer l'habitat.
Cet essaim ne peut pas provenir de la ruchette, cette dernière est toujours bien
pleine et leurs occupantes sont en plein travail. De plus, le nouveau groupe est plus imposant que le précédent. Je n'ai pas le choix, je dois les mettre dans la ruche que j'avais préparée. Le
moyen pour les faire descendre de leur arbre ? Je pense que la meilleure façon est de secouer la branche au dessus de la ruche. Il faut donc placer la ruche à bonne hauteur. La première solution
consiste à mettre en place la table extérieure dessous le pommier, mais cela nous empêche de profiter du beau temps pour déjeuner dehors. Heureusement, j'ai une table qui traine dans le sous-sol.
Non sans mal, je la place sous le pommier, puis y mets un tabouret et enfin y cale la ruche. Après avoir positionné correctement l'ensemble, la ruche arrive juste en bas de la grappe. Il ne reste
plus qu'à dégager le passage avec quelques coups de sécateur astucieux. Les deux spatules en bois de la veille me servent de nouveau à faire descendre une partie de la grappe sur le haut de la
nouvelle maison, puis d'un coup sec, je donne un grand coup de poing sur la branche. La grappe tombe en partie sur la ruche et sur la table, certaines abeilles s'envolent dans tous les sens un
peu désorientées et remontent dans le pommier. Il faut attendre quelques temps, et après quelques autres secouages de branches pour finalement constater qu'elles entrent dans leur nouvel habitat.
Elles semblent d'ailleurs l'avoir très bien adopté, car certaines ouvirères commencent déjà à rentrer un peu de pollen. Il me faudra encore un peu de temps pour que la ruche intègre son
emplacement définitif car je vais devoir la déplacer progressivement.